Journée d'étude Théories de la pratique, Université de Rennes 2, 10 juin 2010
Comment la main touche le cerveau...
(Considérations sur la conjugaison d'apprendre à être)
L'enseignement de l'art ne va pas sans la mise en péril des systèmes de pensée qu'on ne comprendra jamais aussi bien qu'en rentrant au cœur de son ouvrage. Et c'est bien pour ces raisons que je ne saurais être enseignant sans être artiste.
Mais aussi je ne saurais être artiste sans être enseignant au delà des nécessités alimentaires (assertion plus discutable...). C'est peut-être aussi grâce à cela que l'enseignement de l'art ne sert pas seulement à l'art mais, par l'acquisition de quelques-unes de ses méthodes, a concevoir l'espace, le temps, une façon d'agencer son appartement ou de faire la cuisine et bien d'autres choses encore.
Alors pour être tout à fait concret, enseigner, ce n'est pas enseigner un contenu, mais enseigner une façon de voir, cultiver une façon d'être. Et c'est aussi (et paradoxalement) enseigner un geste : comment plier une branche, comment percer un trou (Moore, Serra, Brancusi, ne sont pas loin), saisir une attitude. C'est de la technique, mais de la technique qui va à la racine de la conscience ; c'est, en somme, essayer de voir comment la main va au cerveau (pour reprendre les lectures de Leroy-Gourhan). Alors enseigner, après sa vocation prioritairement altruiste, permet aussi de comprendre comment la main touche le cerveau.
Je tenterai d'expliquer brièvement le sens de cette position et pourquoi je défends l'idée que le clivage français entre école d'art et université tergiverse inutilement autour de sa mort annoncée. Que l'Europe, au moins, serve à quelque chose...
Programme de la journée:

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